Comment régler l'appareil photo quand on est débutant en photo de paysage

Savoir théoriquement ce qu’est l’exposition, c’est une chose. Savoir lire les outils que votre appareil met à votre disposition pour la contrôler sur le terrain, c’en est une autre — et c’est souvent là que ça coince. Posemètre, histogramme, zébrures, correction d’exposition : voici comment utiliser chacun de ces outils concrètement pour ne plus rater une exposition.

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Le posemètre : comprendre ce que l’appareil vous dit

Regardez dans votre viseur ou sur votre écran : vous verrez une petite graduation horizontale avec un zéro au centre et des valeurs + et – de chaque côté. C’est le posemètre, aussi appelé indicateur d’exposition.

L’aiguille ou le repère au centre (zéro) signifie que l’appareil estime l’exposition correcte selon sa mesure. À gauche du zéro : sous-exposition. À droite : surexposition. Chaque graduation représente généralement 1/3 de stop.

Le piège classique : faire confiance aveuglément au zéro. Le posemètre mesure la lumière réfléchie par la scène et part du principe que tout doit être exposé à une valeur moyenne (le fameux « gris 18% »). Sur une scène normale, ça fonctionne très bien. Sur une scène atypique, il se trompe systématiquement :

  • Scène très claire (neige, sable blanc, ciel blanc) : le posemètre sous-expose pour « calmer » le blanc. Résultat : la neige sort grise. Il faut corriger en surexposant de +1 à +2 stops.
  • Scène très sombre (sujet sombre sur fond noir, intérieur nocturne) : le posemètre surexpose pour « remonter » le noir. Résultat : l’image est trop claire et perd son ambiance. Il faut corriger en sous-exposant de -1 à -2 stops.

La correction d’exposition se fait via la molette ou le bouton +/- de votre appareil — apprenez à la trouver rapidement sans regarder les menus, vous en aurez souvent besoin.

 

 

Les modes de mesure : choisir le bon selon la scène

Votre appareil propose plusieurs façons de mesurer la lumière. Ce choix influe directement sur la fiabilité du posemètre.

La mesure matricielle ou évaluative (selon les marques) est le mode par défaut. L’appareil analyse l’ensemble de l’image, détecte les zones claires et sombres, et calcule une exposition équilibrée. C’est le mode le plus intelligent — fiable dans 80 % des situations. C’est celui à utiliser en conditions normales.

La mesure pondérée centrale donne plus de poids au centre de l’image. Utile en portrait classique quand le sujet est centré et que l’arrière-plan est très différent en luminosité.

La mesure spot mesure uniquement sur une toute petite zone (généralement le collimateur AF actif). C’est le mode le plus précis mais aussi le plus exigeant — une erreur de placement et l’exposition est complètement fausse. À réserver aux situations où vous voulez exposer précisément sur une zone spécifique : un visage en contre-jour, un oiseau blanc sur fond sombre, une scène de spectacle.

L’histogramme : l’outil le plus fiable sur le terrain

L’écran LCD de votre appareil est trompeur — sa luminosité change selon l’environnement, et une photo peut sembler correcte à l’ombre et surexposée au soleil. L’histogramme, lui, ne ment jamais.

L’histogramme est un graphique en forme de montagne qui représente la répartition des tons de votre image, des noirs à gauche aux blancs à droite. Voici comment le lire :

  • La montagne est tassée sur la gauche avec un pic qui touche le bord : vous avez des zones noires sans détail (bouchées). Sous-exposition.
  • La montagne est tassée sur la droite avec un pic qui touche le bord : vous avez des zones blanches sans détail (brûlées). Surexposition.
  • La montagne est étalée et ne touche pas les bords : toutes les informations sont présentes, des ombres aux hautes lumières. Exposition correcte pour cette scène.

Activez l’affichage de l’histogramme dans les réglages de votre appareil — soit en mode review après chaque prise, soit en temps réel dans le viseur électronique ou l’écran live view si votre appareil le permet. Prenez l’habitude de le consulter sur vos premières photos de chaque session pour valider votre exposition de départ.

Les zébrures : pour repérer les surexpositions en temps réel

Disponibles sur la plupart des hybrides et des appareils avec écran live view, les zébrures (ou « highlight warning ») affichent des hachures animées sur les zones surexposées — les zones qui risquent d’être brûlées sans détail.

C’est particulièrement utile pour les portraits en plein soleil (les hautes lumières sur la peau), la photo de paysage avec un ciel lumineux, ou toute scène à fort contraste. Dès que vous voyez des zébrures apparaître sur une zone importante de votre sujet, réduisez l’exposition.

Cherchez cette option dans les menus d’affichage de votre appareil. Sur certains boîtiers, vous pouvez régler le seuil de déclenchement des zébrures (souvent entre 95 et 100 IRE pour les zones vraiment brûlées).

L’ETTR : exposer à droite pour maximiser la qualité

L’ETTR (Expose To The Right — exposer à droite) est une technique utilisée par les photographes qui travaillent en RAW pour maximiser la qualité de leurs fichiers. Le principe : exposer volontairement un peu plus que « correct », de façon à ce que l’histogramme soit poussé vers la droite sans toucher le bord — sans surexposer.

Pourquoi ? Parce que les capteurs enregistrent beaucoup plus d’informations dans les hautes lumières que dans les ombres. Une image légèrement surexposée à la prise de vue, puis assombrie en post-traitement, produira des ombres bien plus propres (moins de bruit numérique) qu’une image sous-exposée que l’on cherche à éclaircir.

Attention : cette technique ne fonctionne qu’en RAW. En JPEG, la surexposition est destructive et irrécupérable. Et elle demande de bien lire l’histogramme — une serrure de trop et les hautes lumières sont perdues.

En résumé : un workflow d’exposition en 3 étapes

Sur le terrain, voici la méthode qui donne les meilleurs résultats de façon consistante :

  1. Commencez par le mode de mesure adapté à votre scène — matricielle dans la plupart des cas, spot si la scène est très contrastée.
  2. Prenez une photo test et consultez l’histogramme immédiatement. Ajustez avec la correction d’exposition si l’histogramme touche un bord.
  3. Vérifiez les zébrures sur les zones importantes — surtout les visages et les hautes lumières que vous voulez conserver.

Une fois votre exposition de base validée, vous pouvez travailler en confiance. Si la lumière change (nuage, déplacement), revenez à l’étape 2.

Pour comprendre comment l’exposition interagit avec les réglages de l’appareil — ouverture, vitesse, ISO — et comment adapter ces paramètres selon les situations, retrouvez mon article sur ISO, ouverture et vitesse d’obturation. Et pour les scènes très contrastées où même un histogramme parfait ne suffit pas, la technique du bracketing décrite dans mon article sur le bracketing et le focus stacking est souvent la seule vraie solution.

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2 Comments

  1. Mon problème principal est de parvenir à régler simultanément l’ouverture, la focale, la vitesse, etc. tout en soignant le cadrage ! Je me sers très peu de mon Canon EOS 7D et beaucoup de mon Panasonic FZ1000…

    1. Bonjour, la formation Comment-Photographier est justement là pour vous donner les clés pour parvenir à utiliser les bons modes, en fonction de ce que vous voulez faire pour que vous ayez la main sur les réglages utiles. Par la suite, cette foormation vous donnera les connaissances nécessaires pour utiliser le mode manuel sans difficulté si c’est votre ambition.
      Bonnes p^hotos à vous Seadonie
      Stéphane

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